Les serres en bambou : fabrication
Les types de bambou
Dans le sud-ouest de la France, le climat se prette bien à la culture du bambou. Depuis 2023-2024 il y a même une pépinière de bambous spécialisée dans les projets agricoles.
Les trois principales espèce qu'on y rencontre pour l'instant dans les jardins et +/- abandonnés ou échappés sont : le Bambou doré, le Bambou Madaké et le Bambou flèche. D'autres espèces moins courantes sont le Bambou noir et le Bambou à tiges jaunes parfois plantée comme ornementale.
C'est le bambou Madaké que j'utilise pour la construction de mes serres. Son nom scientifique est Phyllostachys reticulata (aussi connu sous le synonyme Phyllostachys bambusoides). C'est le plus gros qu'on trouve facilement dans mon coin. Il mesure une dizaine de mètres de haut et j'arrive à utiliser ses tiges sur 7-8 m de longs (l'extrémité est trop fine pour servir vraiment). À 1,3 m du sol le chaume a un diamètre de 5 à (rarement) 8 cm. C'est un bambou à rhizomes traçant donc envahissant et les gens qui en ont chez eux sont souvent content qu'on les en débarasse, donc c'est facile d'en trouver gratuitement.
Bambou doré - Phyllostachys aurea

Le bambou doré est plus fin et un peu moins haut que le Madaké. Il se reconnaît bien à ses entre-noeuds renflés à la base de la tige.

Bambou Madaké - Phyllostachys reticulata


Le bambou Madaké se reconnaît principalement à la taille de ses tiges : environ 10 m de haut pour 5-6 cm de large. C'est évidemment une très grosse simplification. Voir ces docs pour identifier correctement les espèces de bambou en France (fr) - (en).
Bambou flèche - Pseudosasa japonica


C'est une espèce plus petite, aux tiges plus fines, conservant ses gaines foliaires plusieurs années (attention : elles portent des poils durs qui font assez mal quand on se le plante dans la peau en passant sa main sur la tige!). On la reconnaît à l'aspect bariolé de ses peuplements : verts (des tiges) tâché de blanc-paille (des gaines non tombées) et à ses feuilles très larges et longues et réparties sur un plan un peu comme les doigts d'une main.
Récolte du Bambou Madaké
On peut le récolter n'importe quand dans l'année, mais si on veut des tiges solides il faut faire attention à sélectionner des tiges qui ont au moins 1 an complet et donc éviter les pousses de l'année. Les tiges de 2 ans sont les meilleures. Au delà les tiges commencent à sécher.
Lorsque ce bambou sort du sol, ses tiges portent un "pruine" (une sorte de pellicule poudreuse) blanchâtre qui disparaît rapidement avec les pluies. Seuls subsistent toute l'année des anneaux de poudre blanchâtre juste sous les noeuds.
Pour s'assurer de récolter une tige solide, il vaut mieux choisir des tiges d'un vert foncé où les anneaux blancs sont totalement effacés ou en tout cas moins visibles. Les jeunes tiges sont d'un vert plus clair et ont des anneaux blancs bien visibles, les tiges âgées commencent à se couvrir de tâches foncées, à se salir à cause de la poussière et parfois d'algues unicellulaires qui croissent à leur surface. Enfin les tiges trop vieilles finissent par sécher, d'abord partiellement puis complètement. Elles prennent alors une teinte paille et se fendent souvent, avant de pourrir en noircissant.



Serre à plants
Première tentative de construction d'une serre en bambou, hiver-printemps 2023.





Voici ce qu'on appelle une "bouche de poisson"






Cette tranchée est destinée à recevoir la bâche puis des sacs lestés avec la terre qui en est issue

Mi mai la serre est enfin bâchée ! Noter les sacs de lest remplis de terre : cela permettra de débâcher facilement afin de réaliser les travaux d'entretien et de réparation

L'utilisation de fils comme seuls soutiens de la bâche n'a pas suffi à empêcher la formation de nombreuses poches d'eau comme sur l'image ci-dessous.


Pose d'entretoises en bambou pour remplacer les fils

Pose de lamelles de bambous pour compléter les entretoises et éviter la formation de poches d'eau.

Je monte sur le toit de la serre : ça supporte donc 80 kg.


Serre de production
Deux options de transport des bambous


Ce fendoir a été fabriqué maison pour faire des lames à partir des tiges de bambou. Après quelques mois d'usage, il a fini par casser sous les coups de massette nécessaire à le faire avancer dans la tige, sans doute parce que la soudure n'était pas assez forte (je débute).

Après avoir fendu les lames, les restes des noeuds y sont encore accrochés et forment des dents pointues qu'il faut éliminer.

Ça se fait assez bien à la hache.

Voici les plants de la serre de production :




J'ai enfoncé mes piliers de 50 cm dans le sol, pour cela je fait un pré-trou à la barre à mine, puis je positionne le pilier.

Pour ne pas flinguer le pilier en tapant dessus à la masse pour l'enfoncer dans le sol, on a fabriqué des "cabochons sacrificiels" qu'on insère en haut de la tige (et je vous conseille en plus de cercler le haut de la tige avec du fil de fer).

L'arceau est simplement posé sur les piliers. J'ai eu la flemme de faire des "bouches de poisson" cette fois-ci, mais j'ai sans doute eu tord : c'est quand même pas mal pour tenir l'arceau en place. Ici ce que j'ai fait c'est que l'arceau est fixé au pilier avec du fil de fer.

Pour fixer l'arceau sur les piliers latéreaux, il faut le "cintrer" sur place, à l'aide de serre-joints ça se fait bien. Ensuite je perce l'arceau et le pilier puis j'enfile une tige filetée que je maintien avec des lamelles et des écrous.



La fixation de la trame horizontale avec de la corde a été une erreur : sous mon poids, celle-ci a légèrement glissée, et j'ai été obligée de la remonter puis de la fixer avec des tiges filetées. J'ai d'abord fait le radin et j'avais commencé avec des tiges de diamètre 6 mm. Mais pour la tunnel suivant j'ai opté pour du 8 mm dont je suis plus satisfait.
Les croix de St-André sont indispensables pour rigidifier la structure. J'en mets deux à chaque angle au sol et trois dans la toiture en suivant l'axe central. Une fois qu'elle sont en place, la structure - qui était très flexible avant et bougeait beaucoup à la moindre secousse - se trouve alors très bien maintenue et résiste beaucoup mieux à des poussées fortes.
Sur l'image ci-dessous on voit bien les croix de St-André qui permettent de rigidifier la structure ainsi que le support de la porte.

Fossé et sacs de lest en attente de la pose de la bâche.
Début avril 2025 : la serre est bâchée !

Tunnel de stockage





